17 juillet 2008
Arthur le réaliste :
Arthur est un enfant de douze ans. La scène qui suit se passe dans la cour de récréation, alors qu’il discute avec ses amis de l’avenir.
« - Moi j’aimerais bien une belle femme plus tard… Que tous les copains ils soient jaloux quand je passe dans la rue avec elle.
- Moi j’aimerais une femme obéissante, qui m’engueule pas comme maman quand je rentre en retard.
- Moi au contraire, il me faudrait une femme qui a la tête sur les épaules… Qui m’empêche de me faire écraser quand je traverse la route sans regarder.
- Et toi Arthur ?
- Moi je prendrais la femme qui voudra bien de moi… »
[Georges Gargam - La Mort et autres nouvelles - Arthur le réaliste]
03 juillet 2008
De la lâcheté comme vertue :
Pour patienter jusqu'à des films (parce que j'en ai), v'là un brouillon de texte que j'avais fait y a longtemps. Alors y a peut-être des fautes, et c'est pas super construit mais c'est mieux que rien... Et pis je le referait mieux et je le reposterai ! A bon entendeur salut !
La lâcheté a toujours été perçue comme honteuse. Bien que respectables, les hommes lâches ne sont pas reconnus et subissent le pesant regard des autres. La pleutrerie est une vertu au même titre que le courage. Bien que contraires, aucun de ses deux mots, à mon sens, ne mérite d’être rejeté (bien que pour moi le courage n’est qu’une forme honorable de bêtise). Il faut plus de maîtrise et de ruse à exercer la lâcheté qu’à se montrer courageux. En effet, la lâcheté n’est pas synonyme de faiblesse comme le laisse entendre la plupart des dictionnaires, la couardise n’est pas aisé et n’est pas à la porté du premier malingre venu. L’entreprise de la lâcheté qui consiste à éviter tout problème et tout combat perdu d’avance n’est pas une mince affaire et nécessite une réflexion de tous les instants. A tout moment de la journée (la nuit le couard se repose), il faut regarder autours de soi, connaître le chemin, chaque issue de secours est à repérer. L’Œil du pleutre est sans cesse attiré par des silhouettes l’entourant bien que son regard ne croise jamais celui d’un grand. Le stresse est omniprésent et il doit savoir improviser lorsque cerné par les problèmes et les combats il se doit de fuir sans perdre sa fierté qui, d’année en année, se fait de plus en plus petite à mesure que les complications grossissent. Lorsque l’on reproche à un lâche sa lâcheté il répond de son dicton favoris : « il vaut mieux être un couard vivant qu’un courageux mort » (point de vue que les courageux supposés dont on n’a jamais vu d’eux un seul acte prouvant leur réputation contestent sur l’honneur).
L’honneur ! Voilà bien le mot le plus inutile entre tous. Qu’est-ce que l’honneur ? C’est une notion vague que l’homme s’est inventé pour avoir à souffrir. Chez les animaux, le mâle vaincu reconnaît sa défaite et baisse la tête. Chez les hommes, cet honneur leur interdit de baisser la tête et ils persistent à la garder levée, regardant effrontément celui que jamais il ne pourront vaincre.
Bien sûr, certains lâche le deviennent tellement qu’ils en meurent (j’entends par là cesser de vivre)… Je m’explique : lorsque tout devient danger tout est alors à éviter pour le pleutre. Il se terre chez lui et n’ose plus sortir, et lorsque vraiment il n’y a aucun moyen de se défiler (école obligatoire, travail…) il ne parle à personne. L’amitié, l’amour, toutes ces notions indispensables le lâche passe à côté pour son plus grand malheur.
La lâcheté est donc à consommer avec modération.
04 mai 2008
La Fuite.
Sylvia - Bonjour mon chéri, cela fait
longtemps que tu n'es pas venu voir maman... Comment vas-tu ? Tu n'as pas bonne
mine...
Joseph
- J'ai recommencé à fumer...
Sylvia
- Quoi ? Est-ce que tu sais que le petit-fils de madame Gourmel est mort d'un
cancer l'année passée ?
Joseph
- Tu lui présenteras mes sincères condoléances...
Sylvia
- Pourquoi autant de cynisme ? Tu vas me faire le plaisir d'arrêter de fumer !
Joseph
- Non. C'est déjà bien assez dur sans se priver systématiquement de divers
choses. Et au nom de quoi devrais-je arrêter de fumer ? Au nom de la santé ? A
quoi sert la santé si l'on ne vit pas ? Je préfère vivre deux ans libres et
heureux que cent ans sobres et fades.
Sylvia
- Très bien, je suppose que je ne pourrais pas te forcer. Pourquoi tu ne me
présente pas ta petite amie ?
Joseph
- Je l'ai quittée.
Sylvia
- Mais pourquoi ?
Joseph
- Je l'ai quittée avant qu'elle ne me quitte... Jamais je ne laisserai à une
femme le plaisir d'avoir été plus forte que moi.
Sylvia
- L'amour n'est pas une faiblesse.
Joseph
- Bien sûr que si. Un homme fort peut être amoureux mais un homme amoureux ne
peut être fort. L'amour c'est s'ouvrir à l'autre, s'ouvrir à l'autre pour qu'il
puisse entrer en vous. Et lorsqu'il s'y est installé il peut tout détruire.
Dans un couple, il y a celui qui aime, et celui qui détruit. Bien sûr, celui
qui détruit ne le fait pas toujours consciemment mais cela ne change rien au
résultat.
Sylvia
- Ce n'est pas en tenant de pareils discours que tu vas me faire des
petits-enfants.
Joseph
- La vie est trop courte pour s'occuper de telles futilités. Enchaîner sa vie à
un boulet organique c'est une décision à ne pas prendre à la légère, et pour le
moment j'aime me sentir léger.
[La Fuite - Acte I, Scène 1 - Georges Gargam - 1987]
22 avril 2008
Pour passer le temps.
Le professeur John McMugul a récemment fait une étude sur les phrases perso msn et leur relation avec le psychologique de leur possesseur. Ce haut diplômé en médecine a classé ses observations en plusieurs catégories que je me propose de vous faire découvrir, parce que c'est vrai que c'est intéressant, non mais sans blague...
I/ L'ado amoureux.
Exemple de phrase : "Trop d'amour avec toi je t'aime à en mourir deux semaines avec toi c'est le paradis grave trop heureuse avec toi ne veux que toi" ...etc.
Observations : Encore crédule et inadapté au monde qui l'entoure, il trouve refuge dans un amour ephémère duquel il ressortira meurtri.
II/ L'ado brisé.
Exemple de phrase : "Comment as-tu pu me faire ça me kitter au bout de deux semaines revient je n'aime que toi"...etc.
Observations : Le même personnage que celui cité ci-dessus mais après la rupture dont il est ressorti éphémèrement meurtri. L'on pourra dire qu'il s'est rétabli lorsque sa phrase perso correspondra de nouveau à la catégorie I.
III/ Le Private-Joker.
Exemple de phrase : "Bonne soirée hier mon bigorneau je mange mes phalanges avec du caramel :p" ...etc.
Observations : Soit ce spécimen veux faire croire qu'il a des amis et une vie sociale, soit il en a effectivement une et tient à ce que tout le monde le sache. Ce message n'est pas du tout dédié à celui qui le comprend, mais à celui qui ne le comprend pas (celui qui comprend est bien sûr au courant de tout et n'a pas besoin de ce rappel).
IV/ L'inventif.
Exemple de phrase : "Ami remplis mon verre L'Aziza je te veux si tu veux de moi chaud cacao..." etc.
Observations : N'ayant aucune idée qui puisse lui servir de phrase perso et redoutant par dessus tout le fait de laisser l'espace vide, il comble en écrivant les paroles d'une chanson qu'il a entendu.
V/ Le mystérieux :
Exemple de phrase : "Pas en forme ce soir La vie quelle merde on ne croirait pas que ça puisse vous arriver"...etc.
Observations : Cet énergumène est particulièrement sadique car il présente une phrase ayant pour but d'exciter la curiosité et prend un malin plaisir à envoyer royalement chier ceux qui tente de recevoir un peu plus d'explication sur cette morosité inhabituelle.
VI/ L'incompréhensible.
Exemple de phrase : "Pourquoi poster un concombre alors que voler un silure va bien plus vite ?"...etc.
Observations : Euh... Nous cherchons toujours...
VII/ L'Anglican.
Exemple de phrase : "The pain is not good for the warriors"...etc.
Observations : Il veux juste frimer en faisant croire qu'il maîtrise une autre langue alors qu'il a sûrement recopié une réplique de film...
VIII/ Le bout-en-train.
Exemple de phrase : "C'est un mec qui rentre dans un café et plouf !"...etc.
Observations : Tente de se diversifier des phrases perso de ses contacts en jouant la carte de l'humour, il n'assume généralement pas ce choix et gratifie sa platitude humoristique d'un "parti se cacher" afin de montrer qu'il sait qu'il n'est pas drôle.
Voilà, je passe sur "le philosophe", "le dépressif congénital", "le publicitaire", "le motif rose avec plein d'émoticones trop kawaï"...etc.
Vous pouvez bien sûr lire l'essai du Pr John McMugul "Ma vie chez les geeks" édition Etoile.
30 mars 2008
La Fuite.
Lisa - Alors tu ne crois même pas au mariage ?
Joseph - Je ne crois surtout pas au mariage... Le mariage n'est qu'un cocon dans lequel s'enferment les femmes pour espérer rester, et principalement qu'on leur reste fidèle...
Lisa - Mais le mariage est l'aboutissement de l'amour, de l'amour sincère et véritable... Comment veux-tu le prouver autrement que par cette célébration ultime ?
Joseph - Encore faudrait-il pour cela que l'amour sincère et véritable existe...
Lisa - Quoi ? Tu ne vas pas me dire que...
Joseph - L'amour sincère et véritable ne pourrait exister que si la personne concernée connaissait le monde entier... L'amour n'est qu'une période rose durant laquelle vous aimez jusqu'à votre prochain coup de foudre... L'amour est un sentiment humain totalement dépassé et qui réduit à néant les hommes les plus forts. De la drogue, voilà ce que c'est. (s'adressant au publique) Et bien je vous le dit franchement, ne tombez jamais amoureux ! Vous éviterez bien des souffrances !
Lisa - Mais tu n'es pas un homme de toute façon... Tu n'as pas ressentit une seule émotion pendant l'enterrement de Marie...
Joseph - Je ne suis jamais triste lorsque quelqu'un que j'ai aimé meurt. Je suis triste quand des inconnus meurent, car cela veut dire que je n'ai pas eu l'occasion de les aimer, et c'est cela qui est triste.
Entre Gustave.
[ La Fuite - Acte II, Scène 5 - Georges Gargam - 1987 ]
"... Dernière oeuvre écrite avant son suicide, La Fuite, de Georges Gargam, démontre avec brio que la vie c'est moisie du cul..."
(chronique les Inrockuptibles)